1. Couche d'enduit
2. Support de toiture (en béton)
3. Pare-vapeur
4. Isolation thermique
5. Étanchéité de toiture
6. Couche de protection
7. Système de rétention d’eau
8. Filtre
9. Lit de sable stabilisé
10. Élément de soutènement (en béton)
11. Substrat (≥ 80 cm)
12. Membrane résistante aux racines
13. Végétation (toiture-jardin arborée)
14. Revêtement de terrasse (lames de terrasse en bois, p. ex.)
15. Structure porteuse du revêtement de terrasse (chevrons en bois, p. ex.)
16. Plots (éléments préfabriqués en matière synthétique, p. ex.)
17. Couche de gravillons fins
Ce détail montre le raccord entre une toiture verte et une toiture rouge (à utilisation) reposant toutes deux sur une couche de rétention d'eau. Cette situation est caractéristique des toitures climatiques. La composition étudiée comprend une toiture verte intensive arborée (épaisseur du substrat : 80 cm) et une toiture-terrasse en bois sur plots. D'autres variantes sont traitées dans les fiches détails 1603 et 1604.
La présente fiche décrit une composition possible. Il existe plusieurs autres solutions. La synthèse ci-après résume les points importants et fournit un cadre pour le développement de variantes et de détails constructifs spécifiques pour des projets.
Pour des checklists pratiques, consultez l’article Buildwise 2026/01.06.
Toiture plate à rétention d’eau
La toiture plate a été conçue comme une toiture à rétention d’eau libre sans pente. Elle ne comporte donc pas de forme de pente.
La couche de rétention s’étend de la toiture verte à la toiture rouge, ce qui permet d’exploiter pleinement le volume de rétention et/ou la capacité de stockage de la toiture plate au profit de la végétation.
La toiture plate présentée est une toiture chaude, comme l’exigent les toitures à rétention d’eau (voir article Buildwise 2019/06.04).
L’étanchéité de toiture, le pare-vapeur et l’isolation ont été mis en œuvre selon les recommandations de la Note d’information technique (NIT) 280.
Il est impératif que l’étanchéité de toiture soit compatible avec une toiture à rétention d’eau (voir article Buildwise 2019/06.04).
Dans la situation considérée, il est possible d’utiliser différents types de matériaux isolants. Leur résistance à la compression doit toutefois être suffisante pour supporter le poids de la toiture climatique située au-dessus et la charge d’exploitation de celle-ci (voir NIT 280 et article Buildwise 2023/05.07).
En toiture climatique, on vise de préférence un haut degré de circularité, tout en tenant compte du type de gestion de l’humidité souhaité. L'article Buildwise 2025/05.05 vous aide à évaluer ces deux aspects et à choisir le mode de fixation du complexe toiture.
Le système de rétention (souvent composé de caissons en matière synthétique) empêche l’étanchéité de toiture d’être endommagée par la pose ou l’exploitation de la toiture verte (un coup de bêche lors des travaux d’entretien, p. ex.). Afin d’éviter que ces caissons n’exercent une pression sur l’étanchéité de toiture, il convient d’appliquer sous ceux-ci une couche de protection d’au moins 500 g/m² et, idéalement, de 900 g/m².
On prévoira un filtre au-dessus du système de rétention. Sous une toiture verte, ce filtre prendra la forme d’un feutre capillaire. Une toiture rouge ne nécessite pas ce feutre capillaire, il vaut mieux opter pour un feutre plus robuste, qui supporte mieux la charge ponctuelle exercée par les plots. Il convient de noter qu’un feutre capillaire n’est pas résistant aux racines. Par conséquent, pour éviter tout risque, il y a lieu d’appliquer, au droit du raccord entre la toiture verte et la toiture rouge, une bande de feuille résistante aux racines contre l’élément de soutènement (voir plus loin).
Dans le scénario présenté, il est recommandé de compartimenter la toiture (voir NIT 280 et article Buildwise 2025/05.06).
Toiture verte
Ce détail traite d’une toiture verte intensive constituée d’un substrat d'une épaisseur d'environ 80 cm. D’autres compositions sont bien entendu également possibles. L'article Buildwise 2025/05.06 présente quelques variantes (toiture comportant un substrat de 100 cm d’épaisseur, p. ex.) et décrit leurs éléments constitutifs.
L’eau de la toiture rétentrice est acheminée vers la végétation grâce à un système capillaire. À cette fin, le filtre en dessous de la toiture verte et son raccord à la nappe d’eau de la couche de rétention doivent également présenter des propriétés capillaires.
Une couche de substrat aussi épaisse est rare sur les toitures, mais elle est fréquente au-dessus de parkings souterrains, au niveau du sol. La structure porteuse de la toiture doit pouvoir supporter le poids et la charge d’exploitation correspondants.
Pour éviter que les extrémités des racines ne pourrissent dans une couche de substrat épaisse, sa moitié inférieure doit être constituée d’un sous-substrat moins organique, plus grossier et plus aéré (voir article Buildwise 2025/05.06).
Lorsque le chemin de circulation pour piétons ou pour véhicules sert aussi de compartimentage vis-à-vis de l’incendie, la hauteur de la végétation environnante doit être réduite conformément à la réglementation incendie (voir article Buildwise 2011/04.07).
Toiture rouge (à utilisation)
En fonction de la conception, le revêtement de toiture (une terrasse, p. ex.) peut être perméable ou non. En principe, une composition perméable est recommandée. Pour ce détail, nous avons choisi une terrasse en bois sur plots, sur laquelle les eaux de pluie qui tombent peuvent s’infiltrer dans le complexe terrasse et atteindre la couche de rétention d'eau sous-jacente.
Les lames de terrasse sont généralement placées sur un double lambourdage ou sur des profilés en aluminium (voir photo). Le fait de relier la partie supérieure des plots à une telle ossature, permet de mieux répartir les charges, surtout lorsque les plots sont hauts.
Il est possible d’utiliser des plots d’une hauteur pouvant atteindre environ 1 m (pour ce détail, nous avons choisi des modèles d'une hauteur d'environ 70 cm). Leur pose s'effectue sur la structure sous-jacente au moyen d'une plaque de répartition des charges présentant une surface de contact appropriée (en France, le DTU recommande une surface minimale de 300 cm²).
Les plots sont généralement directement placés sur le filtre au-dessus des caissons de rétention (voir illustration). Ces caissons disposent en principe d’une résistance à la compression adaptée pour résister à la charge ponctuelle exercée par les plots. On veillera à ce que les différentes bandes de filtre se recouvrent suffisamment et remontent jusqu'aux relevés.
Il convient de prévoir une couche de gravillons fins entre les plots afin d'empêcher les moustiques d'atteindre la couche de rétention d'eau (en principe, le filtre offre déjà une protection suffisante), de limiter les odeurs provenant des caissons de rétention et d'améliorer la sécurité incendie. L’utilisation de gravillons fins permet en outre de garantir que les recouvrements (raccords) entre les différentes bandes de filtre restent bien fermés. La couche de gravillons est constituée de gravier de rivière ou de sable de rivière fin d'une granulométrie comprise entre 2 et 8 mm. Son épaisseur est généralement d'environ 3 cm. Il est essentiel que cette couche recouvre toute la surface du filtre (et surtout des recouvrements).
Une autre solution consiste à appliquer une couche de granulats sur le filtre avant la pose des plots. Cette couche de remplissage permet de réduire la hauteur des plots de 5 à 10 cm et se compose généralement de gravillons concassés (d'une granulométrie de 2/4, p. ex.), mis en œuvre par vibration afin de former une base suffisamment stable pour les plots.
Dans une toiture verte intensive comportant une épaisse couche de substrat, le chemin de circulation est parfois aussi aménagé sur cette couche, qui se prolonge alors sous le revêtement du chemin de circulation. Pour limiter le poids exercé sur la toiture, il est possible de prévoir sous le chemin de circulation une couche de remplissage constituée d’un matériau plus léger (lave 2/6, blocs de XPS ou d’EPS empilés pour former un support et recouverts d’un géotextile, etc.). Il convient toutefois de tenir compte de la résistance à la compression du matériau utilisé.
Raccord entre la toiture verte et la toiture rouge
La séparation ou ‘bordure’ entre la toiture verte et la toiture rouge est généralement assurée par :
• des arrêts de gravier métalliques (en forme de L, d’une hauteur maximale d’environ 50 cm)
• des éléments de soutènement en béton (souvent en forme de L).
Ce détail (et celui figurant dans la fiche détails 1604) montre une solution avec des éléments de soutènement en béton. La fiche détails 1603 décrit une solution avec une cornière métallique.
Les éléments de soutènement en béton sont généralement posés sur une bande de sable stabilisé, qui permet de les mettre à niveau. Il est recommandé de prévoir sous cette bande une couche supplémentaire de géotextile d’au moins 300 g/m².
Pour éviter tout déplacement latéral, du sable stabilisé doit être disposé de part et d’autre de l’élément de soutènement, de manière à obtenir une forme triangulaire (voir illustration). La partie horizontale de l’élément de soutènement ou du profilé en forme de L devrait idéalement être placée sous la plus lourde des deux couches situées de part et d’autre du profilé. Lorsque la toiture verte jouxte un chemin de circulation comportant une couche de pose massive (couche de remplissage à base de gravier), il convient de placer la partie horizontale du profilé sous cette couche. Cela permet de limiter au maximum le risque de déplacement du profilé lors de la pose de la toiture ou pendant sa durée de vie. Si l’on place la partie horizontale de l’élément de soutènement sous le substrat, il est aussi possible de mettre en œuvre une dalle de béton sur les caissons, après avoir posé une membrane en PE sur le filtre. La surface de cette dalle de béton doit approximativement affleurer la partie horizontale de l’élément de soutènement.
L’ampleur du déplacement possible des éléments de soutènement varie selon le type de composition, l’épaisseur des différentes couches et la technique de pose appliquée des deux côtés de la toiture. En présence d’une épaisse couche de substrat d’un côté et d’une terrasse sur plots de l’autre, la pression exercée par le substrat peut déplacer les éléments de soutènement vers la toiture-terrasse.
La croissance des racines est susceptible de légèrement déplacer ou soulever les profilés en L qui séparent la toiture verte de la toiture rouge. Pour limiter ce risque, une bande de filtre supplémentaire peut être mise en œuvre. Celle-ci doit chevaucher d’environ 20 cm le filtre posé sur les caissons de rétention et remonter jusqu’à la face supérieure des profilés en L.
On évitera l’utilisation de matériaux à base de ciment, tels que le sable stabilisé, sur une toiture plate, car ceux-ci peuvent obstruer les dispositifs d’évacuation des eaux (ou la couche de drainage) en raison des dépôts calcaires (voir § 4.7.3.4 de la NIT 253). On s’assurera également que l’étanchéité est compatible avec les matériaux à base de ciment (alcalis).
Pour raccorder une toiture-terrasse à une toiture verte, il est aussi possible d'utiliser une plaque métallique (préfabriquée ou pliée sur mesure), qui pend verticalement depuis la partie supérieure des plots et s'appuie latéralement contre ceux-ci. Cette plaque assure la finition latérale des dalles et peut aussi servir à retenir le substrat.
Cette solution de raccord ou ‘bordure’ peut également être appliquée pour compartimenter les différentes zones de la toiture rouge ou de la toiture verte, notamment entre la zone de circulation (souvent imperméable et plus stable) et la zone de stationnement (souvent perméable).
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